Tristan Derème, Yvette Guilbert, poème que tout cela!

Sur le programme du théâtre tarbais, le 15 décembre, la chanteuse Agnès Debord. Je l’ai déjà vue, voilà deux ans : Frehel, Arletty, Mistinguett… Emotion et fantaisie. Bien !
Cela me fait penser à Yvette Guilbert, la chanteuse fin de siècle, celle d’Aristide Bruant, Xanrof ou Jean Lorrain, Paul de Kocq, immortalisée par Lautrec, tournant en France et sur toutes les scènes du monde.
Après des ennuis de santé on la retrouve dans l’autre siècle, entre les deux guerres avec un autre répertoire : poésies, chansons du Moyen-Âge, Baudelaire, Laforgue, Richepin, Rollinat, Verlaine, Francis Jammes, Henri de Monterlant…
Et puis un jour de 1937 [date à confirmer], elle chante à la salle Pleyel un poème de Tristan Derème !
Elle le raconte malicieusement dans son livre Autres temps, autres chants, Robert Laffont, 1946. Livre préfacé d’ailleurs par Béatrix Dussane. Page 208, un chapitre sur Tristan Derème. Yvette Guilbert avait invité Derème à son spectacle. Elle nous livre ici le texte de présentation du poème prononcé sur la scène. Présentation au cours de laquelle, sur le ton de la fantaisie, elle s’ingénie à trouver une identité au protagoniste masculin du dit poème.
Le voici donc, hélas sans la musique:

Yvette Guilbert
Yvette Guilbert
photo extraite d’Autres temps, autre chants.

Le Fus-tu ?

Lorsque tu étais vierge,
Le fus-tu ? Le fus- tu ?
Nous dînions à l’auberge
Du Caniche Poilu

C’était une bicoque,
Sous un grand châtaigner,
Tonnelle pour églogue,
Lavoir et poulailler.

Buis sec à la muraille
Et rosier aux carreaux,
A travers une paille
Tu suçais des sirops.

Guinguette au toit de chaume,
Mur d’ocre éclaboussé,
Un grand liseron jaune
Fleurit sur le passé.

Ce poème est le numéro LVII de La Verdure Dorée (1922)

Je me souviens maintenant de cette chanson interprétée par Agnès Debord :
« Il m’a vu nue… »
Tiens cela rime avec Derème,
Le fus-tu ?

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