Tristan Derème le poète, la muse d’un jour, Bertille  avec Paul-Jean Toulet en voix off.

Bertille dans la bande dessinée Sasmira de Vicomte

Bertille dans la bande dessinée Sasmira de Vicomte

Un beau patronage pour commencer ce blog.
Bertille est une des héroïnes de la bande dessinée la plus mystérieuse et sans doute une des plus belles que j’aie lues : son titre, Sasmira, histoire prévue en deux albums de Laurent Vicomte. Cet auteur, hélas, nous fait souffrir. Il nous impose depuis plus de sept années l’attente du deuxième tome achevant l’histoire. Le premier, quant à lui, s’ouvre sur des pages dont les cases sont accompagnées d’une « voix off » nous délivrant des bouts de phrases dans de petites bulles blanches et rectangulaires. On peut recomposer le texte ainsi :

Le temps irrévocable a fuit. L’heure s’achève.
Mais toi, quand tu reviens, et traverse mon rêve,
Tes bras sont plus frais que le jour qui se lève,
Tes yeux plus clairs.

A travers le passé ma mémoire t’embrasse…

Où l’on reconnaîtra le début d’un poème de Paul-Jean Toulet (extrait de son recueil Contrerimes).

Dans ce blog, ni biographie, ni essai, ni chronologie, ni anthologie. Echos et résonances.

Ce qui nous amène à Tristan Derème…

En mars 1927, deux ans avant La Verdure Dorée, son principal recueil de poèmes, Tristan Derème publie aux éditions Le Divan, Paris : En rêvant à P.-J Toulet. Comme il l’a déjà fait ou le fera pour d’autres de ses confrères, Tristan Derème rend hommage au poète palois décédé en 1920, le 6 septembre, à l’âge de 53 ans. Sa rencontre, sa correspondance (quelques textes de lettres inédites de P.J Toulet adressées à Derème) et la poésie de « naguère » sont le thème de cet ouvrage imprégné de la sensibilité et de l’ironie de Toulet dont Derème est sans aucun doute un héritier.  Avec le personnage principal, Théodore Decalandre, le double de Derème ayant pris âge et  expérience, et Tristan Derème lui-même comme narrateur, débute ainsi le texte :

« Comme je poussais la porte, je découvris dans son grand fauteuil, M.Théodore Decalandre. Il tenait sur les genoux un livre ouvert.
– C’est Mon Amie Nane, dit-il, et c’est l’un des ouvrages de P.-J. Toulet que je préfère ; et voyez, j’ai fait relier, entre les pages de ce roman, toutes les lettres de Toulet, -celles du moins qui me restent ; car, les autres, elles sont en des tiroirs obscurs… »

Si ce fameux livre existe, je veux bien qu’on me l’indique…

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