Quand Tristan Derème « réseautait »…

Le fantaisiste n’a jamais édité (tout au moins sous un de ses pseudonymes connus), ni écrit (le saura-t-on jamais?) de romans. Il avait bien quelques projets ( Les colibris et leurs amours en est le plus connu) et par ailleurs une légende court sur un livre écrit à plusieurs signé Henri Seguin.
Pas de romans donc ? Pourtant une galerie importante de personnages colonise l’ensemble de son œuvre depuis l’origine. Dans ses livres, on fait salon, on bavarde, on commente…
Une petite communauté se retrouve invitée régulièrement par Tristan Derème. Tout d’abord le premier cercle d’amis avec Théodore Decalandre, Polyphème Durand ( qui fait ses classes dans la Nouvelle Revue Française), M. Lalouette, Mme Baramel.
Puis vient le deuxième cercle avec M. Labride (qui se fait corriger ses vers), Aristide-Benoît Biendit (qui apparaît dans les Nouvelles Littéraires), M. Larbalète, le docteur Ausone Laverdurette, Sylvain Labrette, Remi Lapomme, M. Auson Piédalouette, M. Escanecrabe.
Moins sollicitées sont Adrienne la nièce de Decalandre et son fiancé Lamounette. Ensuite il y a l’autre nièce de Théodore, Mimithé. Dans l’Enlèvement sans clair de lune, nous faisons la connaissance de l’épouse de Théodore Decalandre, Suzanne (qui pourrait bien être inspirée de la fille de Paul Mieille dont nous avons déjà parlé).
On peut rajouter un oncle de Théodore, ensuite Clotilde, les muses bien sûr avec Clymène (et là fatalement nous penserons à Béatrix Dussane, l’amie de Tristan Derème) Lucinde, Clorinde et pour finir avec les sages Ariste et Acaste dans lesquels on verra l’incarnation de quelques éditeurs ou directeurs de revue ( Henri Martineau, Jean Paulhan…).
Au moins vingt-deux amis ! Et vous me voyez venir…Tout au long de ses ouvrages les amis au poète dialoguent et débattent soit avec Tristan Derème de passage parmi eux soit entre eux, avec cette impression que notre fantaisiste n’est jamais très loin. Il aurait donc inventé avant l’heure le premier réseau social poétique… de papier !

À cheval sur mon bouc barbu
J’ai cueilli des roses dorées
Et mes chèvres noires ont bu
À des rivières ignorées…

Tristan Derème

Les amis la guirlande

Une gravure de Jos. Julien
dans Guirlande pour deux vers de Gérard de Nerval,
Tristan Derème, Au Pigeonnier 1926.
(Théodore Decalandre dans sa bibliothèque sur l’échelle, sa nièce Mimithé amenant le Jurançon cher à Derème et sans doute M. Lalouette lisant Baudelaire…)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *