Petit Poème des Cochons noirs

Ce site web étant fabriqué en Hautes-Pyrénées, lieu de résidence des fameux et goûteux Porcs Noirs de Bigorre, lorsque j’ai re-découvert au hasard de mes recherches ce poème paru avec un titre (rare chez Tristan Derème) et une épigraphe, je me suis dit :  » Je dois vous le donner à re-déguster avec humour ! »


 

Petit Poème des Cochons noirs

« Un autre, qui parla le dernier, disoit
avoir longtems demeuré en Piedmont,
affermant que les porcs y sont tous noirs
comme encre… »
Philippe d’Alcripe, sieur de Neri
en Verbos, La Nouvelle Fabrique
des Excellents Traits de Vérité
.
(1579.)

Les souvenirs ce soir vibrent comme des mouches
D’été. Rappelle-toi la fille aux jupons rouges
Qui portait une rose à son corsage ouvert
Et qui gardait des cochons noirs dans un pré vert.
Elle chantait à pleine voix une romance
Triste ; nous écoutions monter la plainte immense
Et nous songions, le cœur morose comme un soir,
Aux cochons du regret qui broutait notre espoir.

Tristan Derème

 


Paru dans le Cri de Toulouse du 29 juin 1918, et auparavant dans Petits Poèmes (1910) sans l’épigraphe. Lorsque ce poème sera intégré dans La Verdure Dorée (1922), l’épigraphe en sera aussi absente !
Cette « Nouvelle Fabrique des Excellens Traits de Vérité » est à découvrir dans Gallica. Le titre exact en est :

La Nouvelle Fabrique des Excellens Traits de Vérité
Livre pour inciter les resveurs tristes
et melancoliques à vivre de plaisir

Quant à l’extrait,  ici .

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Fermer le menu