Triste, à côté du chien et du chat, j’ai chauffé

Tristesse

Triste, à côté du chien et du chat, j’ai chauffé
Mes bottes dans l’auberge en buvant le café
Trouble que m’apportait une vieille servante ;
Et j’ai pleuré de n’avoir plus l’âme fervente
Qui élève un flambeau triomphal dans son poing,
Ni cette passion qui ne balance point,
Foule d’un pas égal la ronce et les prairies
Et des chemins boueux fait des sentes fleuries.
Ah ! pauvre cœur sans gouvernail où t’en vas-tu ?
Tout n’est qu’ombre et mystère et tu prends, éperdu,
Les astres à témoin de ta peine exiguë…

Petit Socrate, bois ta petite ciguë

 

Tristan Derème

dans Érène ou l’été fleuri 1910