Tes bras ont une courbe adorable et malgré que

Tes bras ont une courbe adorable et malgré que
ton cœur n’ait que dédain pour la grammaire grecque
de Burnouf et le dialogue d’Ampelis
et de Chrysis, tu m’es plus chère que ces lis
bleus et verts qui s’ouvraient sous les feuilles des frênes,
l’autre automne. Mais le collier que tu égrènes,
ta chevelure qui ruisselle et la tiédeur
de ta gorge et tes mains pures comme l’odeur
des roses disent la vanité de mon livre
et qu’il vaut mieux ce soir où ta grâce m’enivre
dans tes bras regarder à travers le rideau
la lune comme un œuf dansant sur le jet d’eau.

Tristan Derème

dans Le poème de la pipe et de l’escargot 1912

 

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