C’est le feuillage noir des platanes que perce

C’est le feuillage noir des platanes que perce
une flèche de lune et la sonore averse
des nocturnes. O nuit musicale ! J’attends…
Et j’attendais que tes bras ivres de printemps
vinssent avec fraîcheur se nouer à mes tempes.
Aujourd’hui quelle main rallumera les lampes
et l’espoir, me rendra les blancs oiseaux enfuis
et jonchera de fleurs les routes que je suis ?

Tristan Derème

dans Le poème de la pipe et de l’escargot 1912