Par les matins d’hiver quand je lisais tes lettres,

VIII

Par les matins d’hiver quand je lisais tes lettres,
des roses de juillet fleurissaient aux fenêtres
de mon rêve. Bravant le givre, le verglas,
les averses, le vent du Nord sonneur de glas,
je murmurais tes mots en suivant les ruelles
tortueuses… Soudain, les rafales cruelles
s’apaisaient ; le soleil inondait les maisons ;
Je m’avançai sous de divines frondaisons,
et je voyais sourire au fond du paysage
la grâce et la candeur de ton jeune visage.

Tristan Derème

dans Les ironies sentimentales 1909