Ô vous qui par le bout du nez me conduisîtes,

XI.

O vous qui par le bout du nez me conduisîtes,
je vous rencontrerai parfois dans les visites.
Nous nous ferons un grand salut ; puis vous direz :
«Le temps est beau.» Je répondrai : Les soirs sont frais.»
Que ces phrases, Seigneur, seront intéressantes !
Mais le passé battra des ailes dans les sentes
où nos rêves fuiront sous le soir odorant…
Et tous deux nous prendrons un air indifférent.

Tristan Derème

dans Les ironies sentimentales 1909