Le vent perce la porte et souffle sur le feu

V

Le vent perce la porte et souffle sur le feu ;
et je tremble qu’un jour nous puissions dire : « Feu
notre amour… » Tu souris, heureuse et rassurée ;
Notre tendresse est forte et brave la durée.
Et cependant… Non, non, le charme est trop puissant
qui lie à ta beauté mon cœur adolescent
pour que jamais le rompe ou le temps ou l’orage.
Vivons paisiblement sous ce tranquille ombrage
sans redouter qu’un jour le ciel soit obscurci,
car l’amour éternel…
                                     Et c’est toujours ainsi.

Tristan Derème

 

dans Les ironies sentimentales 1909