D’allégresse vibrant de la nuque au talon,

II

D’allégresse vibrant de la nuque au talon,
sur le char attelé d’un quadruple étalon,
et dans mon cœur brisant la dernière relique,
je suis parti vers ta beauté mélancolique.
Mes chevaux bondissaient dans la lumière ! Vois,
o miracle! j’oublie, au rythme de ta voix,
la meute des lions qui grognait sur ma trace
et la nuit. Et j’enlève en riant ma cuirasse
puisque le soleil flambe et puisque tu jaillis
comme une source fraîche à l’ombre des taillis.

Tristan Derème

 

dans Les ironies sentimentales 1909