Celui qui partira loin de la ville, qu’il le

XII.

Celui qui partira loin de la ville, qu’il le
veuille ou non, pleurera ton visage tranquille,
ta grâce et la beauté de tes cheveux flottants.
Et les roses et les guirlandes du printemps
qui fleurirent ton front de leur délicatesse
se faneront devant ses yeux et sa tristesse.
Mais au bord de la nuit calme, sur le chemin,
il songera qu’un soir tu lui donnas ta main,
qu’il a baisé tes doigts dans l’ombre coutumière
d’un automne et son cœur sera plein de lumière.

Tristan Derème

dans Les ironies sentimentales 1909