Brève #01 : Quand Derème jouait avec Cléo de Mérode
Cléo de Mérode (wikipédia)

Le Violon des muses de Tristan Derème, paru en 1935 chez Grasset est la compilation de plusieurs ouvrages dont Guirlande pour deux vers de Gérard de Nerval sorti en 1926, Au Pigeonnier, Saint-Félicien-En-Vivarais.
Dans le chapitre VI de cette Guirlande où notre poète fantaisiste donne vie à son salon littéraire habituel et où la discussion tourne autour de l’utilisation des noms propres (name dropping dirions-nous aujourd’hui) dans les vers, nous notons quelques variations par rapport à la version initiale dont une de la taille d’un distique ! Dans ce Violon donc, à la page 164, nous retrouvons Madame Baramel une familière de ces rendez-vous qui nous dit connaître

« …un distique qui n’est formé que d’un nom et d’un prénom […]. Il est de M. Jean Bastia [grand chansonnier du début du XIXe siècle]:

Cléo de
Mérode.« 

Pourquoi me suis-je arrêté sur cette Cléo de Mérode (1875-1966), danseuse célèbre du début de la fin du XIXe et du début du XXe, muse et modèle de nombreux artistes ( Alexandre Falguières, Degas, Jean-Louis Forain, Boldini, Toulouse-Lautrec…), à la légendaire beauté, une des premières femmes popularisée par la photographie…? Dans le catalogue d’une exposition consacrée à Gaston Chérau,  « Gaston Chérau, romancier de la province française 1872-1937 » édité en 1987 par le Comité du cinquantenaire de la mort de Gaston Chéreau nous lisons le texte suivant:

Chapitre III

… Un intermède heureux prit place à la mi-septembre de cette même année 1913, comme les Chérau faisaient un assez long séjour à Hossegor (Landes). Hossegor n’était pas encore la station courue qu’elle est devenue. C’était un village sous les pins, au bord du lac où s’était groupée une petite colonie d’écrivains : Paul Margueritte, propriétaire de « Clair-Bois », s’était entremis pour procurer aux Chérau « La Petite Chartreuse ». Le ménage Justin Rosny dominait le lac. Les filles aînées de Paul Margueritte, Eve et Lucie, leur jeune belle-mère, leurs amis, Henri Duvernois, la belle Cléo de Mérode, Tristan Derème, formaient une société animée. On montait les petites pièces de théâtre que Paul Margueritte troussait à l’intention du groupe ; il en composa une précisément pour Bernou, qui avait un grand succès auprès des amis de ses parents. On improvisait des charades, on se déguisait, on faisait promenades et parties de pêche sur le lac…

Cléo de Mérode (38 ans), Eve Paul-Margueritte (28), Lucie Paul-Margueritte (27), Tristan Derème (24) et tous leurs amis sur scène, jouant des textes de Paul Margueritte, cela devait être épatant.

Mais comment Tristan Derème s’était-il retrouvé dans cette tribu ?
Les recherches continuent…

Et le distique me direz-vous?
C’est à ma connaissance la seule fois où le poète parle dans ses textes de cette « reine de beauté ». Mais je n’ai sans doute pas tout lu.

photo: Cleo de Mérode dans Wikipedia

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