1925 – les poètes fantaisistes définis par eux-même et leurs amis

Mise à jour de la notice de l’ouvrage  Les poètes fantaisistes définis par eux-mêmes et leurs amis, dans lequel nous pouvons lire sous la plume d’Henri Duclos au début de son étude sur Tristan Derème:

Habile à manier les rythmes et à connaître son cœur (et le nôtre), expert en l’art de savourer ses passions et de les moquer au lieu d’en devenir l’esclave, Tristan Derème est un homme redoutable. Il est aussi trop bon lettré pour ne pas donner à cette épithète les divers sens que les Grecs ajoutaient à deinos. Un poète est toujours chose assez mystérieuse, et d’une exploration pleine de périls. Le moins qu’on y puisse gagner est de se couvrir de ridicule. Si le poète est Gascon, la difficulté se corse. On est sûr d’être roulé. Or personne n’est plus poète et Gascon que Tristan Derème. Mais il est si aimable, si accueillant qu’on éprouve presque du plaisir quand il vous fait marcher. Parfois il devient mordant, il faut l’avoir poussé à bout. Comme il était un jour dans le Passy-Panthéon, ou un autre autobus, avec un de ces poètes lamentables qu’on n’ose pas éreinter à cause de leur ingénue bonne volonté, et que ce dernier se glorifiait d’être arrivé, « vous avez de la chance », répondit jovialement M. Derème, « moi je vais jusqu’à l’Odéon ».

Et si je trouve dans la Verdure Dorée plus de choses que l’auteur lui-même n’y en voyait, il dira que je vais jusqu’à Pampelune. Ce ne serait pas désagréable d’y aller en compagnie de Tristan Derème.

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